LES RÈGLES D’OR POUR QUE L’ÉCONOMIE MAROCAINE DÉPASSE UN JOUR L’ÉCONOMIE ESPAGNOLE: UNE ANALYSE COMPARATIVE DES TRAJECTOIRES ÉCONOMIQUES,DES AVANTAGES STRUCTURELS ET DES STRATÉGIES DE CONVERGENCE DU MAROC ET DE L’ESPAGNE
DOI:
https://doi.org/10.67397/ejgri.v2i3.44Keywords:
Royaume du Maroc, Espagne, croissance économique, convergence économique, développement économique, industrialisation, productivité, compétitivité, Union européenne, Afrique, innovation, capital humain, investissement, transformation structurelleAbstract
Le cadre institutionnel et politique constitue également un facteur à intégrer dans l’analyse de la trajectoire économique marocaine. Depuis l’accession au trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en 1999, le Royaume a poursuivi une série de réformes et de programmes d’investissement visant la modernisation des infrastructures, la diversification productive, l’ouverture internationale et l’amélioration des conditions sociales. Cette continuité stratégique sur plusieurs décennies peut être considérée comme un atout pour la planification de long terme, car elle permet d’inscrire les grands projets économiques dans un horizon dépassant les cycles politiques ordinaires. Il convient toutefois de distinguer la stabilité institutionnelle de ses résultats économiques : celle-ci crée un environnement favorable, mais la convergence avec l’Espagne dépend toujours de la productivité, du capital humain, de l’innovation et de la capacité du secteur privé à créer de la valeur ajoutée.La comparaison entre l’économie marocaine et l’économie espagnole constitue un exercice particulièrement intéressant pour comprendre les possibilités de convergence économique entre une économie émergente d’Afrique du Nord et une économie développée appartenant à l’Union européenne. Les deux pays sont séparés par le détroit de Gibraltar, mais ils présentent des niveaux de développement économique, de productivité, de revenu par habitant et d’intégration institutionnelle encore très différents.L’Espagne bénéficie d’un avantage structurel majeur : son appartenance à l’Union européenne et au marché unique européen. Cette intégration lui donne accès à un vaste marché, à des mécanismes européens de financement, à des chaînes de valeur régionales profondément intégrées et à un environnement institutionnel commun avec les principales économies européennes. La Commission européenne prévoit que l’économie espagnole continuera de croître de 2,4 % en 2026 après une progression de 2,8 % en 2025.Le Maroc, pour sa part, évolue dans un environnement régional beaucoup moins intégré. Le Maghreb ne dispose pas d’un marché commun comparable au marché unique européen, et les tensions politiques entre plusieurs pays de la région limitent les possibilités d’intégration économique régionale. Il serait cependant excessif de qualifier le Maroc d’économie totalement isolée. Le Royaume dispose de relations économiques importantes avec l’Union européenne, les États-Unis, les pays du Golfe et de nombreux États africains.L’Union européenne demeure d’ailleurs le premier partenaire commercial du Maroc. En 2025, le commerce de biens entre l’Union européenne et le Maroc a atteint 62,2 milliards d’euros, l’UE représentant 33,7 % du commerce marocain de biens.La situation peut donc être formulée de la manière suivante : l’Espagne dispose d’une profondeur institutionnelle européenne exceptionnelle, tandis que le Maroc doit construire sa propre profondeur économique en s’appuyant sur l’Europe, l’Afrique, le monde arabe et ses avantages géographiques et industriels.Cette différence constitue l’un des éléments fondamentaux de la comparaison.Sur le plan macroéconomique, l’écart demeure considérable. Le PIB nominal du Maroc était d’environ 182,4 milliards de dollars en 2025, contre environ 1 907 milliards de dollars pour l’Espagne. Le PIB par habitant marocain était d’environ 4 672 dollars, contre 38 627 dollars en Espagne.Cependant, l’écart de richesse ne doit pas masquer la dynamique de croissance. La Banque mondiale estime que le Maroc a enregistré en 2025 sa meilleure performance de croissance depuis une décennie, avec une progression réelle proche de 4,9 %, portée notamment par l’investissement public, la reprise agricole et l’activité non agricole.La question centrale devient alors la suivante : le Maroc peut-il transformer son avantage relatif de croissance en un véritable processus de convergence économique avec l’Espagne ?Cette question est particulièrement importante parce que le Maroc dispose aujourd’hui d’actifs stratégiques considérables : proximité géographique de l’Europe, infrastructures portuaires, industrie automobile, aéronautique, phosphates, agriculture, tourisme, énergies renouvelables, positionnement africain et développement des infrastructures numériques.Toutefois, ces avantages ne garantissent pas automatiquement la convergence.Le véritable défi réside dans la transformation de ces avantages en productivité, innovation, revenus, emplois qualifiés et valeur ajoutée nationale.
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